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RACINE CAROUGNE

Prix de poésie Bernard Vargaftig 2017-2018. Éditions Jacques Brémond, 2018. 

Cet ouvrage est mon premier livre. Il est né du rassemblement de plusieurs textes et poèmes écrits en plein air et plus particulièrement dans les Pyrénées. Ce que j’ai cherché dans ce travail, c’est l’avènement d’une langue qui puisse être contemporaine, en tout cas originale dans ma bouche, tout en ayant pour thématique la nature. Plus qu’une thématique, j’ai voulu en faire  une matière, matière sonore, matière à réfléchir, pré-texte peut-être à la question de la sidération. Théodore Monod parle de saisissement, de prise directe avec la notion de durée, de temps, dont la nature ne manque pas. Ce saisissement, cette rupture vécue devant certains paysages, au cours de certaines traversées, provient d’abord de causes concrètes : étendues, verticalités, traces apparentes, manque d’oxygène, dont il est intéressant de faire état et en rythme s’il vous plait, mais fait également naître un désir de connaissance. Connaissance du lieu, de son histoire, ses histoires, sa faune, ses climats, sa déclinaison de manifestations caractéristiques comme la couleur de certaines huiles dans les tourbières d’altitude ou l’éclatement circulaire des reliefs exposés à d’excessives et contraires températures.  

Au début il ne s’agissait peut-être que de jouer avec un nouvel alphabet mais très vite, la richesse des dialogues entre les phénomènes naturels m’a incité à creuser ce chemin plus en profondeur en m’intéressant notamment aux travaux de « géopoétique ».  

Cette écriture – poésie verticale, parti pris des lieux - répond aujourd’hui à un besoin de renouer avec le sentiment de « terrestreté », présent aussi par la langue. 

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Le prix Bernard  Vargaftig   est une association composée d’artistes, professionnels et amateurs de poésie. Elle doit son nom au poète qui a toujours eu à coeur d’« offrir des pages à de jeunes poètes qui ont tellement de mal à publier et si peu de lieu pour le faire »

Le Prix Bernard Vargaftig a pour objectif de faire découvrir la poésie d’un auteur n’ayant pas été publié en tant que poète. Il a été créé pour remédier à la disparition du prix Voronca. Il est décerné tous les deux ans. 

 

“  Vallée d’Aspe,  Lescun vers la cabane d’Ansabère.

Pierre n’arrête pas de demander à Philippe s’il a bien la carte, je me demande qui a la mienne et pourquoi les Pyrénées m’appellent autant qu’elles me rejettent. 

Je reconnais l’Epicéa, je sais par Signol, qu’il s’arrache vite dans les tempêtes, on l’a introduit ici, importé, comme le latin, comme les hommes, comme l’ours, il parait que l’aiguille d’Ansabère est faite de calcaire, que le calcaire ce sont des organismes marins et du silice, des ossements fossiles remontés à la surface, je me dis qu’ à la longue les migrants au fond de la mer deviendront montagne à leur tour et qu’on les regardera de loin pousser vers le ciel. 

Un mouvement continu brasse la terre, Whitman écrit que l’herbe c’est peut-être les cheveux des morts, il y a tant de monde en dessous qu’au bout d’un moment ils refluent, ils sont dans les arbres, dans le lierre, la roche, c’est pour ça, aussi, que la nature nous est si familière.  

Quand on marche sur la croute terrestre, on est séduit par la circulation végétale, on ne voit pas les traces, on oublie ce qui se passe, ce qui s’est passé, pourtant il y a, il y a eu collision, affrontement, enchevêtrement des couches, les plaques lithosphériques se sont écartées, puis rencontrées, il y a eu rencontre, je me demande comment le relief des corps garde la trace de l’humanité, si on peut s’enfoncer dans un mot pour assister à sa naissance, comme pour les étoiles, comme pour les montagnes, si on peut le passer au carbone 14, il parait qu’en prononçant le premier nom d’une chose on est lié à elle pour toujours, voilà pourquoi sans doute, le baptême, voilà pourquoi la langue, le poème.  » 

 

Lecture au salon de la poésie à Bordeaux.

 

PRESSE

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